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Château de Joannas
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Description de l'état du château
de Joannas en 1983
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Rez-de-chaussée
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La
description ci-après est faite salle par salle, numérotée
sur les plans et sur les coupes de a à z. Ensuite les façades
sont décrites les unes après les autres puis les faces
de la cour.
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a)
Cette salle de 3,50 m x 3,60 m environ prolongeait la grande porte
d'entrée primitive (voûtée en arc d'ogive) qui
existait seule avant la construction de
l'escalier à vis. Le mur du rempart avait une épaisseur
de 1,80 m, mais les pierres du parement intérieur ont été
arrachées, de chaque côté de l'entrée,
ne laissant rien subsister de l'emplacement de la herse et du système
de manuvre du pont-levis (nous verrons souvent, par la suite,
des arrachements analogues sur l'intérieur, les belles pierres
ayant été récupérées pour être
utilisées ailleurs. Mais la maçonnerie étant
excellente, bien que le blocage intérieur des murs soit devenu
apparent, la solidité de l'ensemble n'a pas souffert).
Côté Nord, on voit le reste d'une porte
voûtée en arc d'ogive donnant dans la salle h, et sur
b, côté Sud, une porte avec moulures du XVe siècle,
a été percée pour entrer dans la salle b.
La voûte est en arc de cloître et doit dater des transformations
du XVe siècle, supprimant toute possibilité de manuvre
du pont-levis. |
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b) Grande et belle
salle voûtée, adossée à la façade
Sud. Largeur 4,80 m, longueur 18 m, hauteur 4 m, avec arceaux
en saillie en arc d'ogive. Mais on ne comprend pas pourquoi une
partie de la voûte est en arc de cloître, avec un
arceau placé en oblique. A la retombée de chaque
voûte, une pierre, ou cul de lampe, difficile à dater.
Sur le côté Sud, se trouvent quatre fenêtres
carrées et barreaudées qui ont remplacé des
meurtrières, dont la place se devine encore avec des ébrasements
bien appareillés.
Le mur côté Est a été aminci, par l'arrachement
du parement intérieur. On note également que le
mur, côté Nord, entre b et c est aminci, sur son
extérieur, pour la même raison.
Par contre, on remarque une épaisseur considérable
de maçonnerie, de 2,20 m, comportant, sur la cour, le reste
d'une entrée cintrée en arc d'ogive et qui était
la seule entrée de la grande salle. Ce massif de maçonnerie
supporte actuellement la galerie de la cour, mais, à l'origine,
devait être le perron de l'escalier, qui, de la cour, montait
à la grande salle de l'étage. Cette porte est encore
visible sous l'enduit. Sur le côté Ouest de la salle,
on a percé, il y a peu d'années, une porte sans
caractère qui permet de pénétrer directement
de l'extérieur.
c) Cet espace de 4,50m x 4m, se trouvait primitivement
entre le donjon et la grande salle. Il comporte maintenant une
voûte en arc de cloître, et est vraisemblablement
devenu l'entrée faisant suite à la porte percée
dans l'enceinte au XVe siècle. On peut s'étonner
que les moulures de cette porte d'entrée soient si simples,
et peu en rapport avec la belle décoration de la cour intérieure.
d) Nous sommes à l'intérieur du donjon.
Salle carrée de 4,40 m x 4,40 m et murs de 2 m d'épaisseur.
La voûte en arc de cloître, très plate, paraît
avoir été exécutée après coup,
pour remplacer un plancher en bois.
Sur les côtés Est et Sud, d'importants arrachements
ont été pratiqués. La porte donnant sur l'extérieur,
date du XVe siècle, mais de cette pièce on ne pouvait
communiquer avec l'intérieur du château.
e) Le peu d'épaisseur des murs prouve que
cette partie a été ajoutée, après
que l'enceinte primitive de 1,80 m avait été démolie.
Cette petite pièce est voûtée. On remarque,
et ceci est important, qu'il ne reste aucune marque de scellement
entre le rempart et le donjon, ce qui prouve bien que le donjon
était antérieur à l'enceinte que l'on est
venu coller contre lui sans liaison.
f et g) Pièces voûtées de façon
assez disparate, mais de bel appareil de pierres. Ces pierres
pourraient provenir des arrachements déjà cités
et on note que sur le mur Nord de la partie g un arrachement important,
là où il y avait une meurtrière. Enfin la
poterne donnant sur l'extérieur est authentique et n'a
que 0,80 m de largeur, sans ébrasement pour une question
de sécurité. (Elle devait se trouver autrefois à
plus de 2 m de hauteur par rapport au sol extérieur).
On aperçoit très bien, dans la
partie qui jouxte la cour intérieure, le reste des arcades
de la cour, qui ont été noyées dans le mur
séparatif, et dans les piliers construits lorsqu'on a réduit
cette cour.
h et h') Très grande et belle salle malheureusement
coupée par un mur séparatif. Dimensions d'origine
:
5,40 x 12,50 m, hauteur sous voûte 4,40 m avec cinq arcs
doubleaux reposant sur des pilastres et cinq meurtrières
anciens et authentiques, à deux niveaux, d'un très
bel appareil.
On peut supposer que les arcs du plafond ont soutenu les grosses
poutres d'un plancher en bois, remplacé, par la suite,
par une voûte en plein-cintre, encastrée dans les
murs, à sa base.
Une grande ouverture a été percée au XXe
siècle, dans le rempart, pour permettre un accès
direct sur l'extérieur et utiliser cette salle en cave
à vin. La porte donnant sur la cour i, est une ouverture
du XVe siècle, car on n'entrait dans cette belle salle
que par la porte en ogive donnant sur a, avant la construction
de l'escalier à vis.
j) La tourelle de l'escalier à vis construite
vers le XVe siècle s'encastre légèrement
dans le mur de la salle b. Elle est finement ouvragée,
mais curieusement placée, et on s'étonne qu'elle
ait un si petit diamètre. Nous expliquerons plus loin qu'à
l'origine elle était sensiblement plus haute.
i) Cette cour de 5 m sur 6 mètres, environ,
est petite. Au niveau du rez-de-chaussée, elle comporte
deux belles arcades supportant une galerie décrite plus
loin.
L'une des arcades a été malheureusement noyée
dans le mur séparatif, et une troisième arcade,
plus grande et vraisemblablement en anse de panier, subsiste derrière
ce mur qui enlève toute sa belle proportion à cette
cour qui serait d'une rare beauté.
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Photos de l'auteur, 1983
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k) Cette pièce permet
de faire communiquer 1 et r. Mais la porte sur la salle r, qui
n'appartient pas à la Commune, a été murée.
La fenêtre est une fenêtre à meneaux percée
au XVe siècle et a dû remplacer l'ouverture qui permettait
la manuvre du pont-levis. Le plafond est en bois, récemment
crevé par l'effondrement des poutres de la toiture à
cet endroit.
l) Cette grande salle avait
primitivement 5,50 m sur 13m. Elle possède encore dans
sa partie Est une voûte en ogive de grande beauté,
constituée de pierres régulières, minces,
bien appareillées. Elle s'élève à
7 m de hauteur par rapport au sol.
On ignore si toute la salle
était voûtée, à l'origine, mais c'est
assez probable. Dans le reste de la salle, la charpente de la
toiture est apparente. Un bandeau de pierre dont on ne comprend
pas le rôle (peut-être appui d'un plafond en bois
qui a pu exister) suit une partie des murs.
Sur la face Sud, des ouvertures
carrées ont remplacé des fenêtres à
meneaux, bouchées ou réduites, mais dont l'ébrasement
reste visible. La grande fenêtre géminée de
l'Est a été bouchée et une grande cheminée,
maintenant disparue, a pu être construite devant elle.
m) Pièce qui semble
avoir été ajoutée dans la salle précédente,
par la construction d'un mur. Le plafond est voûté
en plein-cintre. Sur le côté Est, une petite ouverture,
pour passage d'une arme à feu, se trouve dans un important
ébrasement de fenêtre, et, dans l'épaisseur
du mur d'enceinte, existe un escalier étroit qui, à
l'angle S.O. aboutit dans le vide, plus bas que l'ancien chemin
de ronde. Aboutissait-il à une hourde en bois, depuis longtemps
disparue ?
n) Pièce voûtée
en arc de cloître de 4,50 m x 4,00 m, hauteur 4,20 m. Elle
a pu être une chapelle à une époque. Elle
possède une cheminée de pierres assez fruste et
un petit four.
Sa fenêtre du XVe siècle a été placée
après coup dans le rempart.
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o)
Premier étage du donjon. Le parement intérieur a été
arraché sur 2 côtés, ainsi que sur le côté
Ouest où on peut penser qu'une grande saignée a été
pratiquée pour sortir les pierres de démolition, puis
rebâti, assez mal, avec des fenêtres constituées
de réemploi du XVe.
Une ouverture étroite, avec quelques marches, monte à
la galerie de la cour.
Il faut noter que la qualité exceptionnelle de la maçonnerie
et du mortier, fait que, malgré un arrachement profond qui
laisse apparent le blocage intérieur, le mur conserve toute
sa solidité, et que le parement subsistant reste en place,
même sans appui, sur plusieurs mètres.
p et q) Actuellement grenier
à foin. On aperçoit l'arête, bien conservée,
du donjon et l'on remarque, comme dessous, la démolition
du mur d'enceinte primitif et sa reconstruction. Ceci est, du reste,
moins compréhensible, vu de l'extérieur.
Les ouvertures sur le mur d'enceinte Nord ont été
transformées et de beaux ébrasements subsistent. On
aperçoit, sous l'enduit, le reste des portes, soit en ogive,
soit du XVe siècle, qui permettaient de communiquer entre
ce niveau et la salle r.
r) Salle de 5,30 m sur 12,50
m. Son accès se fait actuellement, de l'extérieur,
par un escalier bâti après coup sur la façade
Nord et arrivant à l'emplacement de la tourelle d'angle démantelée
et tronquée. Le plafond de cette pièce est en bois,
mais de peu de caractère et dans un état médiocre.
Des fenêtres ont été percées ou modifiées
dans le mur extérieur, mais de beaux ébrasements subsistent.
Une grande cheminée existait encore récemment sur
le fond Sud, mais elle a, malheureusement, été déposée
et vendue. Elle aurait pu permettre de mieux dater ce logis. Sur
le grand côté se trouve une petite cheminée
de pierre de peu d'intérêt.
s) La galerie, dans la cour,
se trouve sur deux côtés. On y accède par l'escalier
à vis. Elle est pavée de petits galets, et est bordée
d'un parapet en pierres minces surmonté d'une bordure moulurée.
Trois colonnettes à pans coupés, aux bases et chapiteaux
ouvragés, supportent la galerie en bois du deuxième
étage. Il est difficile de dater ces colonnettes, très
curieuses, mais antérieures à la Renaissance.
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Deuxième étage
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t)
Petite pièce d'accès difficile. Le parement de pierre
a, là aussi, été arraché. La charpente
et la toiture sont effondrées.
l et u) Vide de la grande
salle déjà décrite. Dans le haut du mur, près
de l'escalier à vis subsiste une ouverture avec un linteau
dont la forme montre sa grande ancienneté, et prouve la hauteur
du mur primitif. La charpente est partout visible et le chemin de
ronde paraît avoir été détruit pour récupérer
ses pierres.
v) Grenier, sous la charpente,
avec arrachement de parement intérieur.
w) Étage du donjon.
Sous la toiture plancher en bois, récent. Arrachement de
pierres côté Sud. Fenêtre du XVe à l'Ouest
dans une partie démolie et reconstruite.
x) Vide du grenier à
foin déjà décrit. La charpente est apparente
et soutenue par des poteaux en bois.
y) Grenier de la pièce
déjà décrite en dessous. Deux arcs de pierres
supportent la charpente d'une façon curieuse. Une voûte
avait, peut-être été prévue, mais jamais
réalisée. On aperçoit le reste du chemin de
ronde, sur le rempart.
Nota : Dans toutes les pièces citées, il n'existe
pratiquement plus de menuiserie intérieure ou extérieure.
Les sols sont partout en mauvais état et les dalles ou carrelages
ont été enlevés. La charpente est partout à
revoir, surtout sur le versant Sud, mais tout le couvert est à
réviser.
Par contre la maçonnerie des murs et des voûtes est
bien conservée, ayant été exécutée
avec le plus grand soin, sauf autour de la reprise de certaines
fenêtres, comme il sera dit dans la description des façades.
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SITHERE 2005
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