
façade du château

cour du château
une porte du château
photos de l'auteur (C G-V)
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En 1955, à l'occasion d'une tournée
professionnelle, je remarquai, depuis la route qui va de LARGENTIERE
à VALGORGE, le village de JOANNAS, prolongé par
une énorme bâtisse dominant le ravin. Intrigué,
et guidé par mon flair qui m'a fait si souvent découvrir
des "vieilles pierres" passionnantes, je décidai
de faire le crochet pour en connaître davantage. Je découvris
un bâtiment carré, construit en très belles
pierres grises, et plus important que je ne l'avais imaginé,
mais désert et portes closes.
Ma curiosité étant de plus en plus aiguisée,
j'avisai, sur la façade Sud, un vilain escalier métallique.
(J'appris, par la suite, que c'était l'escalier de secours
de la colonie de vacances qui avait séjourné là,
autrefois). Les marches s'arrêtaient à deux mètres
du sol, mais d'un prompt rétablissement, je me trouvai
sur la première marche et bien vite devant une porte...
très mal fermée, et j'entrai à l'étage.
J'eus le souffle coupé en découvrant
une immense salle, dont une partie était voûtée,
et ayant la proportion d'une église.
Je continuai mes explorations et arrivai dans une cour intérieure,
avec arcades, galeries et tourelle de style Renaissance, finement
ouvragées. Descendant au rez-de-chaussée, je trouvai
d'autres grandes salles voûtées en ogive que rien
ne laissait prévoir.
Je restai médusé devant ce château
de la Belle au Bois Dormant, stupéfait de ma découverte,
et me promettant de revenir. Ce n'est qu'en 1981, devenu, entre
temps, délégué de l'Association des Vieilles
Maisons Françaises, pour l'Ardèche, que, envisageant
une tournée dans cette région, je me proposai d'essayer
de faire découvrir ce château à mes adhérents.
Aidé par le Colonel CELLIER, membre du comité, et
très bien accueilli par M. Edmond DURAND, Maire de JOANNAS,
cette visite eut lieu le 4 août 1981. Je fis un petit exposé
sur l'architecture militaire du château, son système
défensif, ses transformations, telles que je croyais les
avoir comprises, après les avoir rapidement examinées.
Mais je disais au Maire combien un tel patrimoine devait être
sauvegardé, et s'il pouvait être remis en valeur,
l'intérêt que sa commune pourrait en tirer, par diverses
utilisations.
Au printemps 1983, ayant appris que la Commune de
JOANNAS avait pu se rendre acquéreur de la plus grande
partie du château (deux autres parties appartiennent encore
à des agriculteurs), je proposai au Maire de faire un relevé
d'ensemble des lieux, et de rédiger une étude descriptive
et historique du château, travail qui faciliterait des projets
éventuels et souhaitables de rénovation dans l'avenir.
Le Maire ayant accepté, cette étude
fut faite et la présente plaquette est le fruit de ce travail.
Le temps passé, souvent dans des conditions difficiles,
avec mon collaborateur Yvon VILLETARD, à mesurer les dimensions
des salles, les hauteurs, l'épaisseur des murs, etc. fut
long. Mais les découvertes que nous fîmes furent
passionnantes. Et je compris que bien des erreurs s'étaient
glissées dans ce que j'avais exposé, deux ans auparavant.
Dans l'historique qui suit, il doit subsister encore
beaucoup d'inexactitudes et il reste des incertitudes. Comment
comprendre complètement un bâtiment tellement transformé
au cours des siècles et où les réemplois
sont nombreux.
Si je me suis trompé sur des détails,
je pense que les grandes lignes des étapes successives
que je décris, sont bonnes. Du moins, elles pourront permettre
des discussions. Mais surtout, en plus de l'intérêt
que fut, pour moi, ce travail, si j'ai pu tirer ce château
de l'oubli et aider à sa sauvegarde ou à sa restauration,
cela aura été une grande satisfaction professionnelle.
Charles Granger-Veyron
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