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Le volcanisme d'Ardèche
IV - DE MEYRAS AU SOUILHOL, VIA LE MAAR DORIS Dans le descriptif ci-dessous, nous allons proposer
un itinéraire de promenade scientifique permettant en 14 étapes
de visiter les lieux d'intérêt volcanique. 1 - L’ÉPINGLE DE LA RD 26 (ARRÊT 1) Peu après avoir quitté le centre de Meyras, quelques centaines
de mètres avant d’atteindre la RN 102, on fera un arrêt dans
l’épingle de la RD 26 où un élargissement de la chaussée
autorise le stationnement de plusieurs véhicules (voire d’un autocar).
De là il est possible d’observer à loisir un large tronçon
de la vallée de l’Ardèche depuis la Gravenne de Thueyts
jusqu’à Pont de Labeaume. On remarque en particulier, en portant
le regard de l’amont vers l’aval : le site de la station thermale (l’œil
averti reconnaîtra le cratère du maar Doris), le volcan strombolien
du Souilhol (Photo 1), la puissante coulée basaltique émise
par celui-ci dans la vallée du Lignon. Cette dernière a
ensuite rejoint le lit de l’Ardèche pour venir mourir à
Pont de Labeaume où elle repose sur la coulée venue du maar
du Ray-Pic.
2 – LE SECTEUR DE L’OFFICE DU TOURISME (ARRÊTS 3 À 5) 2 a - La morphologie des coulées, vraie colonnade
et entablement 2 b - Les alluvions sous-basaltiques, leur rôle dans le processus
d'érosion des coulées
Le site de Neyrac présente la particularité d'offrir au
regard des alluvions sous-basaltiques qui localement reculent moins vite
que la coulée basaltique (Photo 3). Ceci est particulièrement
bien visible au point d’arrêt N°5 où des cordons de galets,
cimentés par de la calcite, sont présents en avant de la
falaise basaltique (en rive gauche de l’Ardèche, à la hauteur
de l’hôtel du Levant). Cette cimentation est tout à fait
naturelle ; elle est en effet liée à la circulation d'eaux
chargées en carbonate de chaux (voir infra). Ce type d’observations
peut également être effectué sous le pont qui enjambe
l’Ardèche et conduit vers la station thermale.
2 c - Une curiosité particulière
au site de Neyrac : la formation de tufs calcaires.
3 - LE MAAR DORIS (ARRÊTS 2 ET 6) Le site de la station thermale, bien que connu de longue date, n’a que
très récemment été interprété
comme un cratère de maar. D’ailleurs il n’est pas répertorié
dans la carte géologique éditée dans les années
80. Il s’agit d’un appareil de forme sub-circulaire, dont la superficie
interne est rigoureusement celle du replat situé au cœur de la
station. La structure du maar est parfaitement repérable depuis
l’aval du parking situé au pied de «Neyrac Ciné».
Elle se distingue encore mieux depuis la petite route de crête reliant
Meyras à Thueyts (Photo 5). Les produits d’explosion phréatomagmatiques,
tout à fait caractéristiques, sont observables tant en bordure
de route (juste avant de pénétrer dans la station) que derrière
l’établissement thermal (point 6). Ils sont constitués presque
exclusivement de fragments du socle plus ou moins pulvérisés
(gneiss, granite, …)
4 - LA MONTÉE VERS LE SOUILHOL, LA VUE DEPUIS LE SOMMET Avant d’atteindre le pied du Souilhol, via la petite route permettant
d’atteindre Jaujac par la rive droite du Lignon, on fera une halte au
point 7. De là la vue est remarquable, tant sur la vallée
du Lignon qu’en direction de Pont de Labeaume (Photo 6). De ce point on
peut remarquer à loisir à la fois la forme en V des vallées
sculptées dans le socle et le front d’érosion de la coulée
basaltique, toujours exprimé par une falaise. Les observations,
effectuées au niveau de l’office du tourisme, nous ont donné
la clé de cette différence de modelés induits pourtant
par une même cause (les rivières).
La montée vers le sommet du Souilhol s’effectue à partir
d’un point situé à quelques mètres au-delà
de la pancarte indiquant Le Sauzaret, Jaujac. Il ne faut en aucun cas
suivre la route indiquant « le Souilhol », nom du hameau qui
se situe légèrement à l’amont, dans le prolongement
de la route qui part vers la gauche. Depuis le point d’intersection de
ces routes on observe, dans le ravin sous-jacent, des scories soudées
(donc émises et retombées à haute température)
qui se sont prismées, mimant partiellement un débit habituellement
rencontré dans les coulées basaltiques. La relative absence
de stratification suggère que ces scories sont arrivées
en un laps de temps particulièrement court (sans doute guère
plus de quelques heures).
La surface en croûte de pain trouve son origine à la fois
dans la teneur initiale en gaz du basalte et dans son histoire pré-éruptive
(un basalte totalement dégazé avant éruption ne pourra
pas donner ce type de bombe. Le dégazage tend à faire exploser
la croûte refroidie qui se forme au cours de la trajectoire aérienne.
L’échappement violent des gaz en surpression au sein du basalte
entraîne la fracturation de «l’épiderme» formé
et induit cet aspect «en croûte de pain». De nombreuses
projections, dans la zone concernée présentent cet aspect
évoquant l’aspect de la croûte du pain que consommaient nos
parents.
Parvenus à une cinquantaine de mètres au-dessous
du sommet du volcan, dans une zone plutôt dépourvue d’arbres
et où règnent en maîtres fougères, fausse bruyère
(calluna) et genêt à balai ainsi que quelques églantiers,
on commence à bénéficier d’une vue particulièrement
intéressante vers l’est et le sud. Vers l’est on voit parfaitement,
à gauche de Fabras et en horizon lointain, les assises sédimentaires
de la bordure ardéchoise avec leurs puissantes falaises calcaires.
On distingue tout aussi bien le site basaltique de Mirabel (Massif volcanique
du Coiron). Plus près de nous, on peut examiner à loisir
le secteur de Pont-de-Labeaume, le château de Ventadour et, naturellement,
la coulée basaltique qui domine le pont à la confluence
Ardèche - Fontaulière. Plus près de nous encore,
légèrement à droite de Fabras, sous nos pieds et
juste au-dessus du Lignon, nous distinguons une surface remarquablement
plane ; il s’agit du dernier témoin de la coulée émise
par la Coupe de Jaujac. Ce superbe cône et son cratère
sont bien visibles de ce point, nichés au sein de l’ancien bassin
houiller de Prades – Jaujac et dominés par les puissants reliefs
du Tanargue.
Les laves (projections) constituant le sommet du Souilhol méritent
une mention spéciale. Elles ont en effet été émises
à une température particulièrement élevée
(supérieure à 1200 °C, plus exactement comprise entre
1200 et 1250 °C si on prend en compte les erreurs relatives du calcul
thermochimique) et, après une trajectoire aérienne relativement
brève sont retombées en donnant des formes particulièrement
torsadées (twisted ribbon bombs : Photo 10). Certaines bombes évoquent
des morceaux de corde (Photo 10), particularité du volcan du Souilhol
dont les laves sont exceptionnellement fluides et, dans une certaine mesure,
donnent des formes qu’on rencontre habituellement dans les volcans à
coulées de type «hawaiien». Le bruit particulier qu’elles
émettent sous le pas du marcheur reflète par ailleurs leur
état totalement vitreux.
Les projections contiennent de nombreuses bulles (photo 11) et les gaz
juvéniles (essentiellement du CO2) sont encore parfois présents
dans ces cavités. Lorsque l’on casse de tels échantillons,
on voit apparaître une trace d’humidité sur la paroi des
cavités, suivi d’une vaporisation instantanée. De tels basaltes
ne seraient connus que dans seulement 7 volcans en France ; ils sont qualifiés
de «basaltes qui pleurent». L’étude des gaz présents
au Souilhol a permis de proposer l’un des modèles qui ont été
élaborés pour tenter d’expliquer les conditions de genèse
des laves basaltiques du Massif Central.
Si nous tournons le regard vers l’ouest, nous apercevons ce qui
reste de la «Gravenne de Thueyts» (activement exploitée
pour ses pouzzolanes) ainsi que le site de cette commune, largement construite
sur la coulée basaltique qui a terminé le cycle éruptif.
Sur la crête située au nord, nous remarquons les conifères,
alignés de façon quasi militaire, de la «Gravenne
de Montpezat». Les coulées émises par cette dernière,
en direction de la Fontaulière, ne sont évidemment pas visibles.
Il convient d’ajouter que la vue est très dégagée
en direction du centre de Meyras et de son clocher très caractéristique.
On devine aussi la petite route qui, via la crête permet de relier
le centre de Meyras à Thueyts. C’est depuis cette route que l’on
a le meilleur point d’observation sur le maar Doris dont la morphologie
apparaît alors très caractéristique (Photo 12). 5 - RETOUR VERS LE LIGNON VIA L’ANCIENNE CARRIÈRE (arrêts 12 à 14) Depuis le point d’arrêt 11 (scories soudées et prismées),
le chemin partant vers le bas, permet éventuellement d’accéder
au pied du ravin et de vérifier que le volcan du Souilhol a connu
un véritable épisode de type strombolien avec alternance
de phases explosives et d’émission de petites coulées. On
observe en effet en ce point une alternance de coulées de faible
épaisseur (quelques décimètres) et de niveaux faits
de projections basaltiques (pouzzolanes). On notera dès à
présent que la surface de ces coulées offre parfois un aspect
particulièrement lisse, évoquant dans une certaine mesure
les coulées à laves cordées. Lire
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