Le volcanisme d'Ardèche


V - LE LAC D'ISSARLÈS

I INTRODUCTION : INTÉRÊT VOLCANOLOGIQUE, ITINÉRAIRE CONSEILLÉ

A - L’EXCEPTIONNEL INTÉRÊT VOLCANOLOGIQUE DU SITE

 L’intérêt volcanologique du site du Lac d’Issarlès a été reconnu de longue date ; la profondeur du lac (138 mètres admis), sa circonférence (de l’ordre de 5 kilomètres) et sa surface (estimée à 97 hectares) en font effectivement un véritable joyau. L’intérêt volcanologique du site repose aussi sur le fait que trois des quatre provinces volcaniques existant dans le quart sud-est du Massif Central (Velay oriental, Coirons, Devès, Jeunes Volcans d’Ardèche) sont représentées sur le territoire de la commune.
 
LE LAC D’ISSARLÈS : VUE DEPUIS LE COL DU GAGE.

Les trois provinces volcaniques évoquées ci-dessus sont, par âges décroissants représentées par :

- Les coulées basaltiques de la vallée de la Veyradeyre qui, datées à 8,2 millions d’années, relèvent de la province volcanique du Velay oriental. Au plan local, ces coulées fossilisent les larges et peu profondes vallées qui s’étaient individualisées lors des premiers soulèvements locaux du Massif Central. Ainsi l’érosion fluviatile du quaternaire ancien a-t-il ensuite façonné le profil transversal en V que dessinent une large part des pentes ; l’incision sub-actuelle se traduisant par la formation d’une gorge à parois verticales marquant le fond de la vallée. Chacun de ces profils transversaux pourrait refléter l’une des étapes de l’important soulèvement qui a affecté le rebord cévenol du Massif Central :

- La coulée basaltique, située au niveau de la commune en rive droite de la Loire (non visible depuis ce point d’observation), a un âge de 2 millions d’années et peut donc être rattachée à la province magmatique du Devès.

- Le maar du Lac d’Issarlès est celui de France dont la profondeur reconnue (138 mètres) est la plus importante (elle serait en fait supérieure à 140 mètres) et les produits qu’il offre au regard -dans des conditions d’accès exceptionnellement aisées- de première qualité. Son jumelage naturel avec le volcan strombolien de Cherchemuse (pour partie situé sur le territoire de la commune du Lac) est des plus heureux puisqu’il permet d’appréhender les deux grands types d’appareils volcaniques (maar et volcan strombolien) représentatifs du Pays des jeunes volcans.
Cette rapide introduction aura suffi à attirer l’attention du lecteur qui n’aurait pas encore eu l’occasion de faire connaissance avec ce site ; la description des objets observables ne fera qu’affirmer l’exceptionnel intérêt d’une découverte offrant des enseignements dépassant le seul cadre volcanologique. Nous verrons notamment que, grâce en partie aux coulées basaltiques, tout un pan de l’histoire géologique récente du Massif Central nous devient accessible.

B  - ITINÉRAIRE PROPOSÉ : JUSTIFICATION

  L’usage local veut que les sorties thématiques partent du débarcadère. Ce point naturel de rendez-vous s’avère de fait excellent pour se livrer à une présentation générale du site et de ses confins. En effet on voit d’ici : l’essentiel de la structure du maar, les coulées de la Veyradeyre, le Cherchemuse (posé sur celles-ci, en rive gauche de la Veyradeyre) avec -en toile de fond majestueuse- le «Lion Couché» plus connu du profane sous le nom de Massif du Mézenc.

  Depuis le débarcadère, l’itinéraire naturel consiste à se diriger directement vers les habitations troglodytiques en passant par la grotte inférieure, depuis l’intérieur de laquelle s’offre au regard un aperçu d’ensemble complémentaire du précédent. L’intérêt majeur de cette approche est de suivre «dans l’ordre» les étapes initiales (plus exactement ce qui en reste encore visible) de l’individualisation du maar.
L’étape suivante consiste à se diriger vers le site du camping-caravaning où s’observe un enrichissement en produits basaltiques, reflet de la moindre importance du rôle de l’eau dans la dynamique éruptive.

   On reprendra ensuite les véhicules (si on a l’intention de cumuler marche à pied et transfert en voiture) et on se dirigera vers le parking du col de Gage. Arrivé en ce point on pourra retrouver une approche pédestre et examiner successivement les attraits des panoramas qu’offrent le site du parking et le promontoire situé peu après le départ du chemin qui permet de se diriger vers le belvédère.
Ces divers points exploités, il sera possible d’utiliser à nouveau les véhicules et de se diriger vers le Cherchemuse par la petite route partant du col de Gage et qui, via Rajasse, nous permettra une approche intéressante du cratère et de sa coulée avant d’en atteindre le sommet par la route conduisant au réémetteur TDF. Ici, les pieds posés sur la lèvre du cratère, on profitera de la vue panoramique qu’autorise le site. Le retour pourra s’effectuer via le Béage, afin d’examiner à loisir les coulées basaltiques de la vallée de la Veyradeyre, après avoir admiré les sucs phonolitiques (Taupernas, Sépounet, Montfol). Le panorama depuis « Le Rouchas » permettra, en fin de journée, de se livrer à une très efficace récapitulation et de bénéficier de la plus belle vue qui soit.
Si un peu de temps reste disponible, il sera encore possible, avant d’aller fréquenter l’un des excellents restaurants du Lac, de faire un saut du côté de Chaze Basse, le coup d’œil sur le Lac d’Issarlès justifiant assurément ce léger détour.

I - LA VUE DEPUIS LE DÉBARCADÈRE 
Il est rare qu’un même point soit situé à une distance de l’ordre du kilomètre de produits relevant de trois provinces volcaniques différentes. C’est pourtant «l’exploit» que réalise le site du débarcadère. En effet, depuis ce lieu, nous nous trouvons à moins d’un kilomètre de la coulée basaltique d’âge Devès qui borde le lit de la Loire et nous voyons directement à la fois le maar du Lac d’Issarlès et le Cherchemuse (Jeunes Volcans d’Ardèche) et des laves relevant de la province dite du Velay (coulées basaltiques de la Veyradeyre).

VUE DEPUIS L’EMBARCADÈRE : MONTAGE PANORAMIQUE.
Le montage permet d’embrasser l’ensemble de l’information offerte depuis l’embarcadère. On remarque, à l’arrière-plan, la phonolite du Mont Mézenc (Le « Lion couché »). Le plan médian nous permet d’observer les coulées basaltiques de la vallée de la Veyradeyre (datées à 8,2 Ma) sur lesquelles repose le volcan strombolien du Cherchemuse (en rive gauche de la Veyradeyre). Au premier plan, on voit parfaitement que le socle a été recoupé à l’emporte-pièce par les explosions phréatomagmatiques qui ont individualisé le cratère de maar du Lac d’Issarlès.

    Concernant le maar, nous apercevons les falaises qui sont apparues lorsque le socle a été taillé à l’emporte-pièce par les explosions phréatomagmatiques, le site des habitations troglodytiques (produits d’explosion de première génération) ainsi que le site du caravaning (produits d’explosion de deuxième génération). Naturellement le lac matérialise le cratère qui s’est individualisé par dynamisme phréatomagmatique.
Les coulées basaltiques de la Veyradeyre, situées immédiatement à l’arrière-plan du Lac, permettent d’imaginer ce qu’était la topographie locale au moment de leur mise en place (8,2 Ma). En effet, si nous relions par la pensée la base des coulées qui reposent de façon symétrique de part et d’autre de la rivière, nous obtenons à peu près le profil transversal de la vallée d’alors. Ces vallées, très larges et de faible profondeur, dessinaient à l’époque de vastes encorbellements qui devaient donner au paysage un aspect faiblement vallonné. 
Ce stade d’érosion commençante traduisait alors les mouvements verticaux qui affectaient le Massif Central. L’existence de tels témoignages (la fossilisation d’une ancienne vallée par une coulée de basalte) permet de (tenter de) reconstituer les étapes du soulèvement du Massif Central ; chaque épisode de soulèvement se traduisant par une réactivation de l’érosion.
Le volcan du Cherchemuse, supportant le réémetteur TDF qui le coiffe, se détache bien sur la droite du panorama (rive gauche de la Veyradeyre). On remarque l’épaulement situé à la hauteur de Rajasse, lequel correspond au prolongement des coulées de la Veyradeyre sur lesquelles est posé le cône du Cherchemuse. Ce volcan a été daté à 330.000 ans. 
Cet âge est peut-être surestimé et nous aurons l’occasion de revenir sur ce point.
Le «Lion couché», plus connu du profane sous le label de Mont Mézenc, matérialise l’arrière-plan qu’il domine de ses 1758 mètres d’altitude. Nous rappellerons pour la petite histoire que, si l’essentiel du Mont Mézenc est situé dans le département de Haute-Loire, son véritable sommet relève de la commune de Borée et se trouve donc en Ardèche.

II - OBSERVATIONS DEPUIS LA GROTTE INFÉRIEURE
L’accès à l’intérieur de la grotte inférieure (une dizaine de mètres de profondeur sur trois à quatre mètres de large) se fait sans aucune difficulté et, par la large ouverture qu’elle présente, on dispose d’un point de vue intéressant sur le maar et le Cherchemuse. La grotte est creusée dans des produits d’explosions phréatomagmatiques, assez hétérogènes et largement constitués d’éléments arrachés au socle. La taille de ces éléments est extrêmement variable, allant de celle du cristal à des blocs atteignant exceptionnellement plusieurs décimètres. Globalement le matériel paraît mal classé et le litage est très grossier comparé à celui que nous observerons au niveau immédiatement sus-jacent des habitations troglodytiques.
III - LES HABITATIONS TROGLODYTIQUES
HABITAT TROGLODYTIQUE

Un chemin parfaitement aménagé conduit, après 300 mètres de marche paisible, aux habitations troglodytiques. On est immédiatement frappé par le caractère extrêmement grossier du matériel constitutif de l’encaissant des habitations. Il s’agit indubitablement d’un matériel de type phréatomagmatique au sein duquel on observe de nombreux blocs anguleux. 
Ces blocs sont dans leur totalité des blocs du socle hercynien métamorphique. 
Ils sont de nature pétrographique variée (gneiss à passées roses, leucogneiss, parfois œillés, contenant ou non des grenats visibles à l’œil nu, amphibolites, migmatites diverses, etc.).

   Le point commun à toutes ces roches est leur relative fraîcheur reflétant leur «prélèvement» (lors des explosions) à une certaine distance de la surface donc sous le niveau éventuellement transformé en gore. 
   Naturellement la taille de ces blocs est extrêmement variable, mais dans l’ensemble c’est la taille significative de certains d’entre eux qui frappe. Ainsi, près de la grande porte d’entrée (niveau inférieur), on observe deux blocs pratiquement métriques. Les blocs décimétriques à pluridécimétriques sont nombreux et ceux atteignant quelques centimètres à un décimètre tout autant. 
   Tous ces blocs sont enchâssés dans une matrice, au grain naturellement plus modeste, au sein de laquelle s’observe de nombreux lits de faible épaisseur, en particulier bien visibles au niveau de l’ouverture inférieure. La matrice est constituée pour l’essentiel d’une multitude de xéno cristaux du socle dont la taille est millimétrique à subcentimétrique pour certains feldspaths.
 
LE MATÉRIEL DES HABITATIONS TROGLODYTIQUES

On remarque, en particulier, l’angulosité des  blocs de socle. Le caractère anguleux de ces éléments est à associer aux explosions phréatomagmatiques qui ont abouti à l’individualisation du cratère du maar.

   L’examen attentif à l’œil nu, confirmé par l’observation à la loupe, autorise l’observation de petits granules basaltiques, sans doute vitreux, lesquels confirment que l’ensemble relève d’un dynamisme de type phréatomagmatique, ce dont personne ne doute aujourd’hui.
Nous insistons sur ce point car, au printemps 2000 encore, la pancarte traitant de la formation dont nous dissertons, la décrit encore comme un poudingue déposé par l’ancienne Veyradeyre. 
Or la caractéristique majeure d’un poudingue est la présence de blocs fortement arrondis (galets d’origine fluviatile ou côtière) et non de blocs anguleux comme c’est le cas ici. On sait aujourd’hui que l’angulosité constatée est à associer aux explosions qui ont généré le maar.
Il reste que jusqu’au début des années 60 on ne savait pas interpréter de telles  formations que l’on qualifiait, par ignorance, de « volcanosédimentaires » («volcano» car on y observait des éléments d’origine volcanique et «sédimentaire» du fait de l’aspect lité). Si on regarde les cartes géologiques un peu anciennes, on constate que les formations «volcanosédimentaires» sont souvent présentes, parfois jusqu’au milieu des années 70 ! 
Le développement de l’étude des maars n’a en effet connu un certain essor en France qu’à partir des années 70. Cette avancée a été possible à la suite de l’observation d’une éruption de ce type au Chili. Il faut reconnaître que la période se prêtait parfaitement à cette avancée car des crédits de recherches substantiels furent accordés à cette époque pour l’étude des divers types de dépressions circulaires observées à la surface du globe dans la perspective des missions d’exploration de la lune.
 
Texte apposé sur la porte au printemps 2000 :

«LES GROTTES DU LAC» : Les deux grottes sont creusées dans le poudingue ou conglomérat de la falaise qui sépare le Lac de la Veyradeyre. Personne ne se souvenant de l’époque où elles ont été creusées, on peut avec un peu d’imagination les faire remonter jusqu’au temps des troglodytes. Sur l’ancienne carte elles sont appelées Beaumes du Lac ou Grottes de Rome. 

La grotte supérieure a servi d’habitation au garde du Lac jusqu’au début du XXème  siècle et son dernier locataire, Zéphirin Gardès, l’a quittée en 1928. Elle se composait de deux pièces superposées ; celle d’en bas servait à la fois de cuisine, de salon, de salle à manger, de chambre à coucher et d’étable, le tout séparé par de simples rideaux. La grotte était plafonnée et assez confortable. 
On y trouvait, à gauche en entrant, une sorte d’armoire puis le foyer dans un enfoncement ensuite le buffet et un four derrière lequel était l’étable. Enfin, revenant vers la porte, il y avait les placards-lits où couchaient le garde, sa femme ainsi que leurs trois enfants. La chambre était tapissée. >
Quelques écriteaux, accrochés au-dessus de la porte vitrée d’entrée, appelaient les passants à la générosité. «Soyez généreux, le garde sera gracieux» . Ou bien encore plus explicite : «La fortune du garde est dans la poche du visiteur». 
La pièce du dessus, à laquelle on accédait par une échelle de bois posée à l’extérieur, servait de grenier et d’atelier de travail. Le garde y tenait son foin et son banc de sabotier. Les deux ouvertures, pratiquées dans l’épaisseur du plafond rocheux séparant les deux pièces, servaient de cheminées : l’une au foyer et l’autre au four installé dans la pièce du dessus. L’autre grotte, située un peu en dessous de la première, servait de cave au garde. Il y remisait aussi ses filets et autres outils de pèche qu’il jetait dans le champ de poissons se trouvant en contrebas. Autour de ces deux grottes le garde cultivait un lopin de terre qui lui donnait quelques légumes.
Texte signé : J. M. G. d’après A. Mazon

IV - LA FORMATION DU CARAVANING ET LA CARRIÈRE DE LA D 116
IV A – LA FORMATION DU CARAVANING  
Cette formation est particulièrement intéressante car, localement à sa base, elle ressemble encore à ce qui est observable aux grottes pour ce qui concerne la nature et l’allure (angulosité) des éléments du socle.

 
PRODUITS D’EXPLOSION, SITE DU CARAVANING

On remarque, par comparaison avec le matériel des habitations troglodytiques, un enrichissement en pouzzolanes

En revanche si on regarde d’un peu plus près on observe un enrichissement significatif en basalte, pouvant atteindre un centimètre voir plus. La formation est parfaitement litée. Les lits constitutifs, très nombreux, peuvent être de faible épaisseur (plurimillimétriques à centimétriques très souvent). La taille des éléments du socle va de xénocristaux millimétriques à des blocs décimétriques (exceptionnellement plusieurs décimètres). La diversité pétrologique de ces enclaves fait de la formation un petit musée de minéralogie : migmatites diverses, blocs de granites contenant parfois des restites, granite à cordiérite, gneiss oeillés, gneiss à grenats, amphibolites, etc. On notera que cette formation dite «du caravaning» se suit sur une longue distance (150 mètres au moins) et autorise de nombreuses possibilités d’observations spécifiques : figures d’impact, figures de charge, discordances, chenaux … 
 En conclusion, l’arrêt du caravaning montre une seconde étape du développement du maar qui voit certes l’interaction basalte/eau se poursuivre (présence de blocs anguleux de socle), mais le rôle de cette dernière devient un peu moins important. Cela n’empêche pas le dynamisme de demeurer de type phréatomagmatique, d’ailleurs les blocs de basalte sont bourrés de xéno cristaux du socle, ce qui est la caractéristique type des basaltes de maar. Il reste que la proportion d’éléments de type pouzzolanes a sensiblement augmenté, au point d’influencer fortement la coloration d’ensemble de la formation qui prend un ton brunâtre marqué dans sa partie supérieure. 
La coloration de la formation, encore grise à sa base et de plus en plus brunâtre vers le haut, marque bien l’enrichissement en fragments basaltiques (grains de basalte sensu stricto et pouzzolanes) lequel traduit la diminution progressive du rôle de l’eau à mesure que s’individualise le maar.
 
BLOCS DE SOCLE ANGULEUX, SITE DU CARAVANING

Le site du caravaning offre de très belles figues d’impact et permet de vérifier l’origine phréatomagmatique du matériel. L’enrichissement en pouzzolane n’en est pas moins spectaculaire, reflet de la moindre influence de l’eau.

Le secteur décrit ici montre les particularités de ce maar lequel, à la différence de la plupart de ses semblables, montre un passage progressif de la phase phréatomagmatique à la phase magmatique sensu stricto (lorsqu'elle existe). Cette transition très rapide s’observe en particulier au maar de Molines (Borée) ainsi qu’au Ray-Pic et au Pic de l’Étoile.

IV B – LA CARRIÈRE DE LA D. 116
IV B 1 - LE PANORAMA
  Juste après l’entrée de la carrière, une dizaine de mètres en amont de celle-ci et à une centaine de mètres avant de parvenir au Col du Gage (en venant du Lac d’Issarlès), un petit élargissement de la route permet le stationnement (à condition qu’il n’y ait pas plus de deux voitures). 
   De cet endroit la vue est plus complète sur le maar, que celle offerte depuis le col de Gage puisqu’on embrasse un secteur incluant : les grottes troglodytiques, Chaze Basse, Chaze Haute et les coulées basaltiques du versant droit de la Veyradeyre, au premier plan la morphologie du cratère et en particulier les falaises verticales entaillées dans le socle pendant l’épisode phréatomagmatique. 
IV B 2 - LA CARRIÈRE DE LA D 116
Au premier regard la petite carrière, située en bordure de la D 116, évoque tout à fait un affleurement de pouzzolanes et, c’est fort probablement à ce titre que la formation a été exploitée. 
Toutefois un examen à peine plus attentif de la formation montre une certaine abondance en éléments du socle y compris dans des niveaux essentiellement pouzzolaniques. Il reste que quelques lits particulièrement bourrés en enclaves du socle, voir même contenant beaucoup plus d’éléments issus de celui-ci que de fragments basaltiques, mettent nettement l’accent sur la persistance d’une forte influence phréatomagmatique. Certains niveaux de ce type (vers la base de l’affleurement notamment) sont relativement puissants (un à plusieurs décimètres) ; ils contiennent alors des enclaves du socle de plus grande taille (jusqu’à 1 à 3 décimètres).

 La formation de la D16 peut avoir deux origines ; soit un saupoudrage issu du volcan du Cherchemuse, soit une ultime phase d’activité du maar du Lac d’Issarlès. La notice de la carte géologique «Burzet» privilégie la première hypothèse et il convient de souligner que celle-ci est effectivement envisageable du fait de la proximité du Cherchemuse. Il reste que deux critères rendent la seconde proposition plus probable : 
1 - les observations, effectuées au site du caravaning, incitent volontiers à interpréter cette formation de la D16 comme la succession naturelle des couches supérieures visibles au caravaning. 
2 - l’absence apparente, au sein des pouzzolanes, de petits nodules de péridotites et/ou de xénocristaux dolivine conduit à rattacher plus volontiers cette formation au Lac d’Issarlès qu’au volcan du Cherchemuse.
 

CARRIÈRE EN BORDURE DE LA DÉPARTEMENTALE 16
Les pouzzolanes, de la carrière située en bordure de la D16, montrent une certaine influence phréatomagmatique. Nous pensons qu’elles pourraient représenter la phase ultime d’activité du maar du Lac d’Issarlès.

De même les blocs de basalte, souvent riches en xénocristaux du socle et à surface fréquemment boursouflée (bombes en choux-fleurs), ne contiennent pas davantage d’enclaves de péridotites alors que celles-ci sont là aussi systématiquement présentes dans leurs homologues du Cherchemuse.

En conclusion le maar du Lac d’Issarlès, pour lequel l’influence de l’eau semble avoir décru de façon relativement progressive, présente bien une certaine particularité, comparé à d’autres maars se rattachant au pays des jeunes volcans. En effet, pour ceux-ci, la transition entre les dynamismes phréatomagmatique et magmatique est généralement brutale (Vestide du Pal, Molines, Ray-Pic, Pic de l’Étoile). Au Lac d’Issarlès, la transition semble s’être opérée plus progressivement, comme le suggère les observations effectuées en se dirigeant du site des habitations troglodytiques vers celui du caravaning. 

 (*) Pyroclastites : de «pyros»(feu) et «clastique» (cassé). 

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